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L’astrologie, une science ? 2

Dernière mise à jour : il y a 6 jours



Astrologie et symbolisme


"Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut"   Gravure du XVIème siècle représentant une version latine de la Table d’émeraude gravée sur un rocher.
"Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut." Version latine de la Table d’émeraude. Gravure du XVIème siècle,

Ce qui est en bas est-il comme ce qui est en haut?



Le mot symbole, issu du grec sunballein, « joindre », désigne un objet concret, puis une notion abstraite, partagé en deux, dont chaque partie, isolée, ne signifie rien ou moins. Une fois, les deux parties unies, le symbole trouve sa signification.

La lecture symbolique des bases astronomiques de l'astrologie a t'elle une valeur scientifique?



Les mouvements et les positions des objets célestes, sont interprétés par un recours à d'autres disciplines. Nous nous interrogerons sur quatre de ces outils enrichissant la lecture de l'astrologue :


Note : dans l'article précédent, "Astrologie et astronomie", nous avons examiné les outils astronomiques et scientifiques, bases de l'astrologie.



Le physicien Einstein reconnaît le lien entre les astres et la vie terrestre, alors que l'écrivain Montesquieu s'en moque. Qui écouter?


" L'astrologie est une science en soi, illuminatrice. J'ai beaucoup appris grâce à elle et je lui dois beaucoup. Les connaissances géophysiques mettent en relief le pouvoir des étoiles et des planètes sur le destin terrestre." Albert Einstein, physicien (1879-1955)


" L'entêtement pour l'astrologie est une orgueilleuse extravagance. Il n'y a pas jusqu'au plus misérable artisan qui ne croie que les corps immenses qui roulent sur sa tête ne sont faits que pour annoncer à l'Univers l'heure où il sortira de sa boutique." Montesquieu, écrivain philosophe (1689-1755)




Les bases symboliques de l'astrologie


Déduire d’un fait astronomique, un impact sur le cours de la vie des hommes sur la terre implique de donner une valeur concrète aux symboles planétaires, à certains calculs symboliques, à la mathématique et d’en faire l'interprétation.


Le fonctionnement de l’astrologie induit que le déroulement des événements sur terre, la psychologie humaine, le destin personnel et les conjonctures sociales et politiques sont une partie du symbole tandis que l’autre est une série de facteurs astronomiques.

Pour lire ce lien, l'astrologue s'empare des sciences humaines contemporaines et de l'héritage actualisé des anciens savoirs ésotériques.



Cette interprétation nourrie des disciplines humaines anciennes ou modernes a-t-elle une valeur scientifique?


I Les symboles planétaires.


Symboles des planètes
Symboles planétaires ; Neptune, Vénus, Mercure, Mars, la Lune, la Terre, le Soleil, Jupiter, Saturne, Pluton, Uranus De haut en bas et de gauche à droite.




1) Une planète est une fonction psychologique


En astrologie, chaque planète est associée à un domaine de l’existence terrestre et à des fonctions psychologiques.


Donnons un exemple : dans un thème, le Soleil est représentatif de la source vitale de l’énergie, de la conscience et de la volonté, du monde extérieur, mais aussi du père, du mari, …. tandis que la Lune indique la matérialisation de la vie dans le corps physique, le monde intérieur, émotions, inconscient et rêves, la santé et encore la mère, l’épouse, les enfants.


Les mouvements astronomiques du soleil et de la lune seront étudiés pour comprendre les influences exercées sur les personnes ou les événements, dans leurs domaines de "responsabilité".


On distingue donc le soleil et la lune, étoile et satellite astronomiques et le Soleil et la Lune, « planètes » astrologiques.



représentation du Soleil et de la Lune en visages humains, festival
Le Soleil et la Lune sculptés pour un festival



2) Plusieurs hypothèses analysent le lien entre mouvement des astres et destinée humaine


Première hypothèse : les planètes, et leur mouvement auraient une influence physique, subtile sur le cours de la destinée humaine.


La science déterminerait un jour de quelle manière, ces influences s’exercent.

De nombreux astrologues partagent cette conception, s’appuyant sur la science contemporaine : physique quantique, astronomie vibratoire, théories des ondes etc.

Dans cette interprétation, les symboles auraient été inventés par l’esprit humain pour qualifier ce qu’il ne pouvait encore expliquer.


Cette astrologie pourrait peut-être prétendre à être reconnue comme une science future, ayant participé à des découvertes expérimentales .

Seconde hypothèse : l’être humain chercherait à donner un sens aux mouvements de l’univers en lui, perçu et intégré au cours de millénaires d'évolution.


L'Humain aurait construit du sens - et notamment un sens psychologique - , dans la manière dont ciel se meut en nous et transmis cette expérience de génération en génération.

En intériorisant le mouvement des planètes dans le ciel, il aurait inventé des histoires, au plus près de ce qu’il percevait de l’influence des mouvements du firmament, sur son psychisme et sa destinée.

Dans cette analyse, le sens de l’astrologie repose dans la capacité de l’esprit humain à créer des fictions efficientes pour son développement matériel, moral ou spirituel.


Cette représentation de la fin du XXème siècle, considère l’astrologie comme une science humaine, un récit permettant à l’homme de se comprendre et de se découvrir, un mythe ou un réservoir de mythes.




Mort, vie transformations, miniature représentant une horloge entre une tombe et un ange au dessus de laquelle volent des colombes
L'astrologie, une clé du mystère?


Troisième hypothèse : le lien entre l’homme et l’univers serait issu d’une cause transcendante.


Retrouver le lien entre les deux faces séparés du symbole, permettrait d'accéder à l’unité - mystérieuse certes – de la Vie, Création divine, Esprit(s), Source, Dieu …

Dans ce cas, l’astrologie serait spirituelle, initiation à un Mystère, la dépassant comme l'infini de l'univers déborde notre compréhension.


Cette approche repose sur la croyance, incompatible avec la doxa de la science contemporaine que le monde est un cosmos, ordonné selon des lois d’affinités entre le mouvement des astres et celui de la vie terrestre.


Note : de grands scientifiques d'hier et d'aujourd'hui, penchent pour cette troisième hypothèse.




Science dure, humaine ou spirituelle? Aucune de ces hypothèses ne permet de conclure sur la qualité scientifique de l'astrologie.
L'argument des calculs symboliques fera t-il pencher la balance ?



II Certains calculs astrologiques sont symboliques.


Andreas Cellarius, Peter Schenk, Gerard Valck, “Planisphaerivm Aratevm sive Compages Orbivm Mvndanorvm ex hypothesi Aratea in plano expressa”, Olanda, 1708 ca., Library of Congress, Geography and Map Division (fonte: loc.gov)
Planisphère de 1708, Andreas Cellarius' Harmonia macrocosmica,

La construction mathématique d’un thème astrologique repose en partie seulement sur des bases astronomiques. Certains calculs sont symboliques :


Les progressions par exemple, reposent sur la théorie suivante :

un an (d’une vie humaine) = un jour (dans l'avancée des planètes sur le zodiaque les premiers mois de vie)

ou un an (d’une vie humaine) = un degré (dans l'avancée des planètes sur le zodiaque les premiers mois de vie)


Les progressions (primaires, secondaires, tertiaires, converses …) observent la position des planètes au jour de la naissance puis les font progresser selon différentes méthodes, en suivant leur marche pendant les premiers mois de la vie du nourrisson, ajoutant ou retranchant, soit un jour soit un degré par an, pour chaque planète.


Il semble délicat d’expliquer scientifiquement les trente premières années d’une vie, par la marche des planètes pendant les trente premiers jours du nourrisson, en avançant (ou en reculant dans le cas des progressions converses) d’un degré par an chaque planète à partir de sa position de naissance.


Bien sûr, les découvertes du siècle dernier en psychologie ont établi l’importance des premiers jours d’un enfant et ceux de la grossesse. Mais déduire précisément d’un événement (astronomique) survenu au cours de cette période, l’année d’une répercussion significative dans la vie humaine de l’adulte... Comment cela pourrait-il être reconnu par la science contemporaine ?


Et pourtant, c’est ainsi que l’astrologue calcule les évolutions marquantes de la destinée de son consultant.


Certains calculs astrologiques n'ont pas de valeur astronomique validée.
Mais qu'en est-il de la Reine des sciences dites "dures", la Mathématique?


III La mathématique


Les diviseurs du  cercle et le symbolisme des 22 polygones du cercle, http://symbolinks.com/les-22-polygones-du-cercle.html
Les diviseurs du cercle et le symbolisme des 22 polygones du cercle. L'hypothèse d'un lien entre mathématiques et astrologie est inspirée de de La Clef Universelle des Sciences Secrètes rédigée par PV Piobb (1874-1942)


1) Plusieurs conceptions de la mathématique s’opposent

Les mathématiciens se divisent sur la définition des mathématiques :

La mathématique est-elle une création de l’esprit humain formulant certaines propriétés de la réalité?

Ou existe t-il une réalité mathématique universelle transcendante, dont la matière est une des expressions ?



Première option : les mathématiques sont un ensemble de concepts permettant de rendre compte du fonctionnement de la matière depuis le niveau microscopique des atomes jusqu’aux mouvements macros des galaxies.

C’est un filtre performant sur le plan intellectuel comme dans ses applications technologiques, mais la réalité matérielle ne peut pas être entièrement formalisée par les mathématiques : matière et réalité ne se limitent pas aux concepts mathématiques, créés par les humains.


On pourrait grâce aux mathématiques comprendre une partie du réel, notamment la matière, mais le réel en soi, ne serait pas mathématique.



Seconde option, le monde physique existe à l’intérieur d’une réalité mathématique le déterminant et le dépassant.

Un ordre caché du monde, un ordre mathématique, un cosmos conditionne tous les domaines de la réalité et de l’univers, matériels, physiques ou non.


Cette conception distingue le niveau des lois mathématiques découvertes par les hommes et un niveau transcendant et préexistant, source de la réalité, qui serait mathématique.


Le Créateur, la Source, Dieu serait alors le grand mathématicien, qui

« créa toutes choses par des chiffres, des poids, des mesures »

Isaac Newton



Représentation par le CNRS des rayons cosmiques provenant d'au-delà de notre galaxie. Ce sont les plus énergétiques.
Représentation des rayons cosmiques, les plus énergétiques,.provenant d'au-delà de notre galaxie. C.N.R.S.



2) Dans laquelle de ces deux conceptions situer l'astrologie ?

Comment des lois mathématiques, astronomiques pourraient influencer le fonctionnement humain, expliquer la destinée, le caractère, l'incarnation d'un individu ou d'un groupe, des événements complexes et existentiels?

La conception qu'on se fait des mathématiques influe sur notre vision de l’astrologie.



Dans la première hypothèse, la mathématique, produit de l’esprit humain, permet de comprendre seulement certains éléments de la matière, celle ci n'étant pas entièrement ordonnée par les mathématiques.


Le savoir astrologique, peut alors être considéré comme une accumulation de données : l’esprit humain a observé et enregistré certaines influences des nombres, des figures ou du mouvement des astres, et les a répertoriées dans une discipline, l’astrologie :


« un système à l’intérieur duquel l’homme a pensé durant des millénaires » Levi Strauss


L'astrologie associant science astronomique et savoir symbolique, élaboré au fil des siècles est une science humaine, résultat d'observations empiriques.



Dans la seconde hypothèse, l’univers est une œuvre mathématique, onde, vibration ou information en mouvement, selon les termes de la science contemporaine découvrant peu à peu, la clé de formules encore imparfaitement connues


Les vies humaines, comme toute la matière, sont associées au cours des étoiles, à la vibration des nombres ...


L’homme, « poussière d’étoiles » selon les termes de l’astrophysicien Hubert Reeves, est en lien "physique" avec la substance de tout l’univers.


L'astrologie s'intègre alors dans le corpus des sciences s'intéressant à des influences subtiles, pas encore clairement déterminées, mais scientifiques.




La mathématique, discipline à laquelle on peut difficilement refuser une valeur scientifique, pose les mêmes interrogations que l'astrologie !
Cependant peu importe au consultant que son Soleil traverse un "signe" ou une "constellation", à un angle de 63° ou 90° de son "Ascendant". C'est l’interprétation qui l’intéresse.



IV L'interprétation


La tête dans les étoiles : les musées d’astronomie et d’exploration spatiale au Québec. CC BY-NC-SA : Cosmodôme  CC BY-NC-SA / Photo : Cosmodôme
La tête dans les étoiles : les musées d’astronomie et d’exploration spatiale au Québec. Photo : Cosmodôme


Une partie du symbole, trait de caractère, un événement ou période d’une destinée personnelle ou collective, est ancré dans l’histoire des hommes et dépend de l’interprétation qu’en fait un être humain – ou un ordinateur - influencé par ses croyances, son époque, sa culture.

Pour son interprétation, l’astrologue va faire appel aux ressources de son temps et de sa tradition.


Note : Les interprétations contemporaines du début du troisième millénaires font appel aux sciences humaines, et à des traditions anciennes, spirituelles ou symboliques ; les deux se relayant ou s’influençant mutuellement.



1) Les sciences symboliques


Les mathématiques sont certes à la base des calculs astronomiques ou trigonométriques des thèmes astraux, mais, en astrologie, une signification est attribuée aux nombres considérés comme des symboles.


De nombreuses cultures ont considéré les rapports numériques et les formes géométriques des cercles, triangles, spirales, comme sacrés … Pour les grecs :

« les mathématiques constituaient une clef de la nature ; clé recherchée non pas en vue de la puissance technique sur la nature, mais afin d’établir une identité de structure entre l’esprit humain et l’univers …. Les mathématiques étaient aux yeux des pythagoriciens (et de Platon) une condition de la plus haute vertu (et gardées secrètes à ce titre) » Simone Weil


La numérologie fait de chaque nombre, un symbole, en associant à un chiffre donné, une puissance ou une signification.

L'interprétation astrologique repose sur cette conception.




Prenons l'exemple des aspects


Ptolémée avec compas Claude Ptolémée, Géographie, 				XVe siècle Paris, BnF, Manuscrits, Gr. 1401, fo 2   				Ptolémée, tenant un compas et un quart de cercle, observe les constellations, tandis qu’un géographe de la Renaissance dessine un globe terrestre. Conçu pour mesurer l’angle que font deux directions quelconques, le compas (aussi appelé dioptre) servait à mesurer la distance angulaire entre deux astres. En procédant de proche en proche, un relevé du ciel par triangulation permettait alors d’établir les cartes célestes.
Ptolémée, tenant un compas mesure la distance angulaire entre deux astres. Manuscrit du XVème BNF


Le zodiaque est divisé conventionnellement en une succession régulière de quatre éléments - le feu, la terre, l’eau et l’air -, trois qualités - cardinal, fixe et mutable -, et une alternance de signes masculins ou féminins.

Cette division correspond sur le cercle à des angles définis de 90° (le carré), de 120° (le trigone) ou de 60° ou 30° (le sextile entre signes de même parité et le semisextile entre signes de parité différente)


Certains "aspects" sont qualifiés de « dynamiques », voire « négatifs », « néfastes » ou au contraire de « positifs », harmonieux.

Si la Vénus d'un thème est située à 90° d'un Mars natal, l'astrologue conclura à une tension entre ces deux fonctions planétaires, si elle est à 60°, à leur relation harmonieuse.


Les distinctions entre les signes dans une relation tendue, dynamique ou au contraire équilibrée et constructive sont déduites de l’interprétation des nombres par la numérologie.





2) Les sciences humaines


Un écureuil prend la photo d'un autre écureuil, Créateur : Geert Weggen  Droits d'auteur : ©geertweggen - stock.adobe.com
Comprendre son semblable. Image de Geert Weggen

L’astrologie moderne a recours aux sciences humaines, sociologie, anthropologie, psychologie, voir psychanalyse.


Note : Les astrologues, jusque tardivement étaient en charge de personnes de pouvoir, célèbres ou influentes. Ils prédisaient les revers de fortune, les victoires ou les défaites, les aléas amoureux des puissants. L’astrologie traditionnelle utilisait les disciplines de son temps pour l’analyse des caractères, des vies, des destinées. On peut imaginer que Les Caractères d’un La Bruyère ait pu influencer la compréhension des astrologues à partir du XVIIème siècle, que la physiologie du XIXème siècle ait coloré les analyses des interprétations de cette époque. Au XVIIIème, les médecins se servaient également des astres pour délivrer leurs ordonnances.


Aujourd’hui, les différentes écoles d’astrologie contemporaine considèrent l’influence des astres à l’intérieur de nombreux autres déterminismes, genrés, socioculturels, économiques, historiques etc. Leurs interprétations, en lien avec les croyances des diverses écoles de pensée, de psychologie, religions..., différent selon les régions du monde et leurs bases culturelles.


En Occident plusieurs écoles d’astrologie s’opposent et défendent, parfois avec âpreté, leurs visions respectives. Très souvent, elles associent des connaissances issues de différentes traditions pour en faire une nouvelle synthèse.


L’astrologie traditionnelle s’appuie sur un savoir issu de la Tradition, considéré comme millénaire, qui ne serait pas soumis aux nouveautés de la modernité ; sa position est généralement déterministe. Cependant, en étudiant ce courant, on découvre qu’il a intégré un grand nombre de découvertes des sciences humaines et de la culture contemporaine.


L’astro-psychologie comporte autant de courants qu’il y a de théories en psychologie… de l’astrologie psychanalytique, moins en vogue depuis la fin du XXème siècle, qu’elle soit freudienne ou jungienne, à l’astrologie cognitive ou positive dont le développement est plus récent, en passant par tous les domaines où se spécialise la psychologie : évolution de l’enfant, travail, etc.


L’astrologie humaniste insiste sur les cycles planétaires permettant de suivre l’évolution de situations et d’événements individuels ou sociaux considérés comme des processus. Performante sur ces notions, elle est colorée de l'idéalisme spirituel du New Age.


L’astrologie conditionnaliste part de l’hypothèse que les astres influeraient notre fonctionnement psychologique par l’intermédiaire de notre système nerveux supérieur.


L’astrologie karmique, dans la tradition bouddhiste, estime que les événements et traits marquants d’un thème astral, sont liés aux actes de vies antérieures.


Les nombreuses "chapelles" astrologiques qu’elles s’opposent ou tentent de s’unifier, (comme les autres courants de la pensée humaine) – font appel aux ressources des philosophies et des sciences de leur époque.



3) La subjectivité

La subjectivité de l’astrologue

La plupart des astrologues ne suivent pas une « école ». Ils s’inspirent des visions qui correspondent à leur conception de la réalité, à leurs expériences et aux échanges avec leurs consultants.

Ils n’analysent pas de la même manière, le thème d’un ministre, d’un employé, de l'urbain d’une ville trépidante ou du campagnard d’une région isolée. L'âge joue évidemment un rôle important dans l'analyse.

Quelle que soit l’influence d’une école, reconnue ou non, l’astrologue ne peut faire abstraction de sa personnalité, de sa culture, son expérience.

La subjectivité du consultant

Le consultant est lui aussi influencé par ses convictions et sa propre histoire dans la réception et l’écoute de son thème. Le thème astral ne fait pas l’individu. Les outils astrologiques servent à interpréter certains mouvements de sa vie ou de sa personnalité ; ils s’appuient sur la vie réelle et l’expérience subjective du consultant. Ainsi, dans le dialogue, certains événements trouvent un sens, en situant les faits passés dans le cycle du déroulement d’événements vécus.


Les critères scientifiques de la reproductibilité de l'expérience

Un des critère de scientificité d’une expérience est sa reproductibilité, dans les mêmes conditions, selon la même approche méthodique.

Or, en astrologie, on travaille avec les mouvements du temps dans l’espace.

Il est impossible de reproduire l'expérience.

En dressant un thème astral, on fige le mouvement des planètes pour le besoin de l’interprétation, dans une partition unique.


"Seul le changement est éternel."

Héraclite d’Ephèse


Quel type de protocole et de procédure scientifiques pourrait fixer le passage du temps pour permettre sa reproduction dans des condition expérimentales scientifiques ? Peut-être dans l’avenir, le voyage dans le temps…




Tressant un savoir millénaire et pourtant ancré dans son époque, avec le moment fugace et subjectif d'un dialogue, l'interprétation astrologique arpente les voies tracées par les étoiles sur le miroir de la terre.
Aussi paraphrasant Galilée face à l’inquisition - ou les physiciens d'aujourd'hui sur le mouvement des particules - les astrologues pourraient s'exclamer :

"C'est bizarre ! Et pourtant, elle tourne. "



Conclusion : le symbolisme de l'astrologie a t-il valeur scientifique?


Quelques soient leurs orientations, toutes les écoles d’astrologie utilisent le symbolisme en associant les ressources des pensées traditionnelles et celles des sciences humaines modernes, dans la subjectivité d'un dialogue, qui ne peut être reproduit.

Combinant pensée rationnelle, logique et pensée poétique, magique, l'astrologie fait appel aux deux hémisphères du cerveau reconnus dans la physiologie humaine.


Ces caractéristiques ne permettent pas de lui accorder le statut de science, dans sa définition actuelle.


Cependant depuis les découvertes d'Einstein et de la physique quantique, nos conceptions du temps et de la certitude scientifique de la réalité sont elles aussi bouleversées.

Le questionnement contemporain de la science sur ses propres fondements n'est pas un argument valide pour étayer la thèse que l'astrologie reposant elle aussi sur des bases défiant la raison, serait une science.

Cependant, il contribue à ébranler nos certitudes dogmatiques, qu'elles soient scientifiques, philosophiques ou idéologiques.


Observatrice et analytique, évolutive, l'astrologie rappelle les méthodes de la science qui expérimente, explore, se contredit et s’améliore.

Créatrice et parfois visionnaire, elle participe de la quête de l’humanité cherchant à donner sens au fonctionnement de l'univers.

Mère de l'astronomie, hier, qui sait quelles nouvelles théories scientifiques, elle pourra inspirer demain ?


Si l'astrologie n'est pas une science, peut-on alors la considérer comme un art? comme une discipline magique?


Nous développerons ce questionnement dans une troisième partie de L’astrologie est-elle une science? : "Astrologie et magie"




 Photo  Mark-Vegera-6985116 Site pexels. Libre









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